La fidélité n'est pas plus naturelle à l'homme que la cage au tigre.
George Bernard Shaw
________ Alaïs s'endort sur sa chaise pendant qu'Elyah bouquine tranquillement dans son coin. Il n'y a personne ce soir. En même temps, qui peut se payer une nuit d'hôtel à 500 ¤ ? Pas grand monde excepté les aristocrates, les politiques, les hommes d'affaires & les diplomates, les « people », les célébrités, les riches en somme. Elyah entame sa troisième nuit cette semaine, elle en fait rarement d'ailleurs, pourtant Dieu sait qu'elle adore l'atmosphère apaisante de la nuit, cette tranquillité déconcertante. La musique d'opéra résonne doucement dans le hall, laissant de temps à autres s'exprimer les barytons et autres sopranos. Il est maintenant minuit à la grande horloge du hall. Les douze coups se font timidement entendre et Elyah part dans le vestiaire pour, comme à son habitude, grignoter sa barre chocolatée. Elle ferme la porte derrière elle et s'assoie près de son sac. Le dernier coup de minuit retentit et des vibrations émanent du sol. Elyah pose ses mains de chaque côté de ses cuisses et se cramponne au banc. Le corps frêle de la jeune femme se met à tituber gentiment, elle ferme les yeux, se laissant entrainer dans ce tremblement. La lumière au plafond éclaire la petite pièce avec difficulté si bien qu'elle s'éteint parfois et se rallume aussitôt. Elyah est toujours dans sa transe, tout son corps est animé d'un étrange mouvement. Les portes des casiers des vestiaires baillent doucement sous les ondes qu'envoie le sol. Elle se relâche soudainement en un souffle, essuie son cou transpirant, la lumière reprend enfin vie et Elyah se décide à croquer dans sa barre. Elle sort enfin du vestiaire, Alaïs somnole toujours, Elyah reprend son bouquin. Une heure passe, le téléphone retentit.
_ Oui ? ... Bien sûr Monsieur, je monte de suite. Elle raccroche. Ah ! Ce client ! Il est là depuis deux jours et hier déjà il m'a fait le coup, à une heure aussi !
_ Qu'est-ce qu'il veut ?
_ Il veut que je vienne vérifier s'il n'y a personne dans sa chambre...
_ Ah.
_ Oui, ah comme tu dis. J'y vais.
_ A toute à l'heure.
_ Tache de ne pas te rendormir s'il te plait.
_ Je vais essayer !
________ Elle se dirige vers l'ascenseur et appelle ce dernier qui arrive rapidement. Elle entre dans la cage et appuie sur le numéro 14. Les portes se referment et la machine se met en marche. Elle arrive à destination et parcourt le long couloir qui la mène vers la chambre recherchée. Elle toque trois coups contre la paroi boisée et attend patiemment, les mains dans son dos, pivotant son pied droit sur son talon. La porte s'ouvre enfin et laisse apparaitre un homme à la chevelure grisonnante sur les tempes.
_ Bonsoir Monsieur Wilson.
________ La jeune femme s'introduit alors dans la suite. Quelques phrases échangées et Elyah commence son inspection. Elle commence par la salle de bain. Elle allume l'interrupteur et inspecte la cabine de douche ainsi que le mini jacuzzi. Elle sort et éteint la lumière pour ensuite se diriger vers le coin salon. Elle inspecte fauteuils et meubles. Elle se dirige enfin vers le somptueux lit. Elle se met à genou et penche sa tête pour voir sous le lit pendant que le fameux Monsieur Wilson penche la tête pour mieux admirer le postérieur de la réceptionniste. Elyah soulève la couette et aperçoit un sous-vêtement féminin.
_ Oh, votre femme est avec vous Monsieur ?
________ Elyah se relève, le sourire aux lèvres alors que les joues de l'homme s'empourprent légèrement.
_ Non, ma femme est en voyage de courtoisie.
_ Ah, très bien, très bien.
_ Pourquoi cette question ?
_ Oh, simple curiosité ! C'est une femme tellement gentille, j'ai beaucoup de sympathie à son égard.
_ Je lui dirais, elle en sera sûrement ravie.
_ Bien, il n'y a rien dans votre chambre Monsieur.
_ D'accord, je vous remercie. Et je suis désolé du dérangement mais j'ai cru qu'il y avait quelqu'un.
_ Ce n'est rien, je suis à votre service. Sachez tout de même que l'hôtel est surveillé, n'ayez aucune crainte. Peut-être était-ce le vent, je vois que votre fenêtre est légèrement ouverte.
_ Vous avez sûrement raison Mademoiselle.
_ Bonne nuit Monsieur Wilson.
________ Elyah quitte la pièce et reprend le chemin inverse pour arriver à la réception, trouvant une Alaïs occupée à faire la discussion à un des deux grooms qui faisait sa pause.
_ Alors Elyah, y avait quelque chose ?
_ A part un string sous son lit ? Non.
_ Quoi ? Un string ? Mais sa femme n'est pas là.
_ Exact. Y en a comme ça.
________ Elle reprend son bouquin et se réinstalle sur sa chaise après avoir pris un verre depuis la fontaine d'eau. Alaïs se met à faire des mots croisés. Le reste de la nuit se passe sans encombre. A six heures pétantes, les deux collègues quittent leur lieu de travail, le sourire aux lèvres, les yeux fatigués. Le soleil va bientôt se lever, le jour apparait lentement au fur et à mesure que la voiture d'Elyah avale la route qui la sépare de la maison. Elle se gare dans sa petite cour, descend de l'auto et monte les marches en direction de la porte d'entrée. Après avoir ouvert cette dernière et s'être réfugiée à l'intérieur, elle ferme à clé et jette son sac au pied du meuble sur lequel elle pose ses clés de voiture. Elle défait ses bottes et son manteau et monte dans sa chambre. Au fil de sa montée, elle quitte jupe et chemisier. La porte de sa chambre s'ouvre timidement et la jeune femme part s'allonger dans ses draps. Les volets sont en tuile. Alors que le sommeil venait la cueillir, Elyah semble comme tirée par une force surnaturelle. Elle se cambre et titube légèrement. Un souffle parcourt la pièce, les rideaux volent semblant faire une ola, les draps se soulèvent timidement et le corps d'Elyah s'affale enfin dans le lit. Elle se retourne sur le côté et s'endort.
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Don't worry, les chapitres vont s'allonger...
Oubliez pas la longueur de ceux de Sin Cherry ;)